GP / LP
Les general partners gèrent le fonds et choisissent les deals ; les limited partners apportent le capital. Leur horloge façonne chaque deal signé.
Un fonds de venture a deux faces. Les general partners (GP) sont la firme : ils lèvent le fonds, sourcent et choisissent les investissements, siègent aux boards, et décident des follow-on et des exits. Les limited partners (LP) sont les investisseurs dans le fonds lui-même, fonds de pension, dotations, family offices, investisseurs souverains et corporate, parfois des États, qui engagent du capital mais restent passifs, avec une responsabilité limitée à ce qu’ils engagent. Quand une startup « lève auprès d’un VC », le GP signe le chèque, mais l’argent appartient au bout du compte aux LP, et le GP leur rend des comptes.
L’économie aligne les deux faces de façon imparfaite. Les GP touchent d’ordinaire des frais de gestion (souvent autour de 2 % du capital engagé par an) pour faire tourner la firme, et le carried interest (couramment 20 % des profits, une fois les LP remboursés et parfois un rendement préférentiel servi) comme vrai upside. Le fonds a une vie finie, classiquement une dizaine d’années, avec une période d’investissement au début et une période de récolte ensuite. Cette horloge est la part que les fondateurs ignorent le plus souvent : un fonds doit finir par rendre le capital et les gains à ses LP, donc sa disposition à soutenir une société à long horizon dépend en partie de l’endroit où il se trouve dans cette décennie.
Pour un fondateur quantique, la structure GP/LP a deux conséquences pratiques. D’abord, l’âge du fonds compte : le capital d’un fonds en début de vie est plus patient que celui d’un fonds approchant la fin, confronté à une échéance de retour. Ensuite, la base de LP compte : un fonds dont les LP comprennent et veulent du deeptech peut tenir une position le long d’une longue roadmap et suivre ; un fonds dont les LP attendent des retours rapides à la logicielle mettra le GP sous pression, et cette pression atteint le board. Demander, avec diligence et politesse, le millésime du fonds, les réserves restantes et l’appétit des LP est une diligence inversée qu’un fondateur sérieux fait avant de prendre l’argent.
Quand vous levez auprès d'un VC quantique, vous empruntez en réalité du temps à ses LP, et une vie de fonds typique tourne autour de dix ans contre une roadmap quantique qui peut en demander plus. Ce décalage façonne les comportements : un GP en fin de fonds a moins d'appétit pour une société à des années de l'exit, alors qu'un fonds frais peut être patient. Savoir où en est un fonds dans sa vie, et si ses LP comprennent les calendriers deeptech, vous dit à quel point l'argent est durable.
Un fonds facture le standard « 2 et 20 » : 2 % de frais de gestion annuels sur le capital engagé et 20 % de carried interest sur les gains. Sur un fonds de 100 M$, cela représente environ 2 M$ par an pour opérer le fonds, et les GP gardent 20 % du profit au-delà du retour du capital aux LP.
De la définition à la décision
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