Non-dilutif & crédits d’impôt

SR&ED

Le programme fédéral canadien de crédit d'impôt R&D : remboursable pour les sociétés privées sous contrôle canadien, payé après l'exercice.

Le SR&ED (Recherche Scientifique et Développement Expérimental) est l’incitation fiscale fédérale canadienne à la recherche et au développement, le plus grand programme de son genre au pays. Il récompense le travail éligible, développement expérimental, recherche appliquée et fondamentale, par des crédits d’impôt à l’investissement sur les dépenses qualifiées (salaires, matériaux, certains coûts de sous-traitance). Une société privée sous contrôle canadien obtient un taux bonifié remboursable jusqu’à une limite annuelle de dépenses, c’est-à-dire que le crédit est payé en cash même quand la société ne doit aucun impôt ; les autres demandeurs obtiennent un taux plus faible, en général non remboursable. La plupart des provinces ajoutent par-dessus leurs propres crédits liés au SR&ED.

Les taux et limites exacts sont fixés par la loi et ont été substantiellement réformés récemment (la limite de dépenses au taux bonifié et les seuils de sortie ont été relevés, et l’éligibilité a été étendue à certaines sociétés publiques), donc une demande en cours gagne à être dimensionnée contre les règles de l’année en vigueur, pas contre un chiffre de mémoire. Ce qui ne change pas, c’est la réalité d’opérateur. Le crédit est demandé avec la déclaration d’impôt des sociétés après la fin de l’exercice, puis revu, donc le cash arrive des mois après la dépense, un décalage à modéliser honnêtement dans le runway. La qualité de la demande dépend de la documentation contemporaine : ce qui a été tenté, quelle incertitude technologique existait, quelles expériences ont été menées. Une documentation maigre invite la revue et réduit la demande.

Deux points de plus comptent pour le deeptech. D’abord, le stacking : l’autre aide gouvernementale (une contribution IRAP, certaines subventions) réduit l’assiette éligible au SR&ED, donc les crédits interagissent et ne peuvent être simplement additionnés. Ensuite, le financement : parce que le remboursement est une créance prévisible, des prêteurs spécialisés avancent contre elle, laissant une société convertir le remboursement de l’an prochain en runway de ce trimestre, à un coût. Le SR&ED est fondateur de la pile de capital deeptech canadienne, mais c’est un moteur de remboursement, pas une subvention qui arrive quand les factures tombent.

Pourquoi ça compte pour un fondateur quantique

Pour une société quantique canadienne, le SR&ED est souvent la plus grosse ligne non dilutive à elle seule, parce que le travail est intensif en R&D et que l'essentiel se qualifie. Deux faits d'opérateur façonnent le plan de trésorerie : le crédit est remboursable pour une CCPC mais arrive après la déclaration de fin d'exercice et la revue de l'ARC (donc c'est le cash de l'an prochain, pas de ce trimestre), et une autre aide gouvernementale réduit l'assiette éligible (stacking). Beaucoup de sociétés deeptech financent la créance pour tirer le cash en avant.

Exemple chiffré

Une société privée sous contrôle canadien dépense 1 000 000 $ de SR&ED qualifié dans sa limite de dépenses. Au taux fédéral bonifié remboursable de 35 %, c'est un remboursement en cash de 350 000 $ (avant tout crédit provincial), reçu après le dépôt et le traitement de la demande de fin d'exercice, pas pendant l'année où l'argent a été dépensé.

Pour les fondateurs

De la définition à la décision

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